11e Rencontres Régionales à la Condition Publique Roubaix
Séance plein-air à Hénin-Beaumont 2013

Pôle Passeurs d'Images

Développer l'éducation à l'image et la pratique

Atelier en 1999

La philosophie première d’Hors Cadre, via le dispositif « Passeurs d’Images », c’est la volonté de développer l’esprit critique des jeunes, de les éduquer à l’image devant laquelle ils passent souvent une bonne partie de leur journée. Développer l’esprit critique par la découverte artistique, la pratique de l’image et l’expression personnelle, voilà l’enjeu des « Passeurs d’Images ».

L’image permet souvent de favoriser l’expression d’avis ou de besoins non exprimés. Elle est un langage que l’on veut commun, une parole qui permet de créer, de provoquer, d’échanger. « A quoi sert le cinéma ? A élargir le monde, à bouleverser le regard » écrit Hervé Leroy, journaliste (1).

Atelier à Aulnoy en 2008

Le premier souci de l’association Hors Cadre lorsqu’elle développe un projet audiovisuel est de faire en sorte que les individus en soient les acteurs, et non les consommateurs. Cela implique de « calibrer » chaque projet spécifiquement en fonction des publics, d’où l’importance du précepte « construire avec » cher à Nicolas Huguenin, directeur de l’association. Tout projet doit s’élaborer à partir du public auquel il est destiné car « le rapport à la culture, engage la construction des personnes, porte un positionnement de l’homme par rapport au monde ».

Atelier cinéma d'animation avec Folimage en 1995

Ainsi les ateliers de pratique artistique sont une bonne opportunité d’affirmer sa propre identité, assumée et dévoilée. Ils permettent aux jeunes de rendre accessibles des choses qu’ils ne voient jamais au cinéma, tout en leur laissant une liberté de parole et d’expression. C’est l’occasion pour eux, loin des clichés, de ‘produire’ et non de ‘reproduire’.

Atelier à Lille en 2007

Hors Cadre bénéficie d’une grande expertise du développement culturel et éducatif de proximité favorisant la participation des habitants (petits et grands) Les conditions de mise en œuvre sont essentielles mais également le choix de l’intervenant. Il doit être « en adéquation avec les objectifs du projet et conscient de ses responsabilités face au public concerné » (2). L’intervenant est, dans ces conditions, l’atout premier pour ambitionner de réaliser un projet de qualité.

Encore faut-il parvenir à « créer un espace entre deux patrimoines culturels différents : celui détenu par le groupe de stagiaires et celui détenu par l’intervenant. Un langage commun se définit alors, pas tant dans l’apprentissage que dans l’expérimentation partagée de la relation humaine » (3).

« Tout le monde a parlé de ses problèmes. A ce moment-là, le groupe s’est formé, comme une famille. Haroun a trouvé le titre du reportage : « Il fo 2 two pour faire un monde », mais on avait le moral à zéro et c’est à ce moment là que j’ai vu que le groupe avait un cœur d’amitié et une âme. »  David Pruvost, participant à un atelier en 2002 à la MAJT de Lille

L’intervenant ne transmet pas « les techniques d’une production industrielle mais la démarche vers la création »(3). Son rôle est de faire murir « les désirs en gestation, enfouis sous une foule d’artifices et de références audiovisuelles, pour arriver à une forme personnelle »(3).

« On ne voulait pas faire du fictif… on en voit tous les jours à la télévision » Moktar Terki, participant d’un atelier en 2002

Ouvrir le jeune au cinéma, l’initier à la réalisation ou à la compréhension de l’image permet de lui donner les clés pour pénétrer le monde qui l’entoure. Il ne suffit pas de trouver sa place, il faut la créer de toutes pièces dans cet espace. Et ce parcours  souvent difficile, entamé à l’adolescence, passe par des processus d’humanisation riches de sens.

Praxinoscope